Times24.info : C’étais une ligne rouge très très foncée qu’avait franchi la juge sud-africaine Mabel Jansen, de la haute cour de Pretoria, en Afrique du Sud. La juge avait écrit des propos racistes d’une rare violence qui ont choqué plus d’un, dans son pays, lors d’un débat sur Facebook avec l’activiste Gillian Schutte. Elle a été mise en « congé spécial » mercredi par le ministère de la Justice sud-africaine.  Une plainte est en cours d’étude par la Commission des Services juridiques. En attendant, le ministre de la justice Michael Masutha a décidé que la magistrate devait être suspendue.

«Dans leur culture[comprendre les noirs], une femme est là pour satisfaire leurs désirs. Cela est vu comme un droit absolu et le consentement des femmes n’est pas requis. Vous pouvez trouver cela difficile à accepter et dérangeant, comme je l’ai ressenti. Mais je n’ai jamais rencontré jusqu’ici femme qui n’avait pas été violée à l’âge de 12 ans», écrit notamment Mabel Jansen, parmi d’autres propos ignobles.

Plus loin, on peut également lire: «Le meurtre est aussi quelque chose de relativement anodin. Et les viols collectifs de bébés, filles et mères sont un passe-temps agréable.»

Les propos datent de 2015, mais l’activiste Gillian Schutte ne les a publiés que ce 10 mai 2016. Sur le réseau social Twitter, Mabel Jansen s’est défendue en affirmant: «Ce que j’ai dit de manière confidentielle à quelqu’un pour l’aider a été complètement sorti de son contexte et cela faisait référence à des affaires judiciaires bien précises.»

La ligue des femmes de l’ANC, le parti au pouvoir, a publiquement affirmé que Mabel Jansen n’était plus légitime pour juger des affaires de viol, rapporte le média britannique The Independant. Le parti d’opposition sud-africain, l’Alliance démocratique, a de son côté décrit le discours de la juge comme, «non seulement blessant et stupide, mais aussi portant atteinte à la dignité de nos concitoyens».

Cette affaire de viol tombe mal pour la Grande Muette en France où le débat fait encore rage. Quatorze militaires français sont mis en cause dans l’enquête conduite par le parquet de Paris sur des accusations d’abus sexuels commis sur des enfants par des soldats envoyés en Centrafrique en 2013, indique en avril 2015 une source judiciaire à l’AFP.

Le pape François a appelé en début mai, à punir avec sévérité « les coupables d’abus sexuels » contre les mineurs en Centrafrique ou ailleurs et à faire preuve de tolérance zéro à l’égard de cette « tragédie ». L’ONU a pu interroger en Centrafrique, 108 victimes présumées d’abus sexuels, dont la “grande majorité” est mineure.

Times24.info