Times24.info : Le rapport entre la religion et la psychologie a fait l’objet de nombreuses recherches, et les résultats, à quelque chose près, se rejoignent : la foi est une force de bien-être psychophysique personnelle et un ciment pour la société.

Avoir une vie religieuse active améliore la santé mentale, augmente le succès scolaire, rend plus heureux, améliore l’autocontrôle, diminue les taux de dépendance, prolonge l’espérance de vie, réduit la délinquance, l’anxiété et la dépression.

La prière, un bienfait social

Mais des bénéfices apparaissent aussi au niveau social. Ces études montrent qu’une fréquence élevée des sacrements favorise une meilleure relation couple –sentimentale et sexuelle– et une diminution du taux de divorces, cela influe donc sur la fidélité du couple. Selon un sondage réalisé en 2015, 50% des couples ne prient pas ensemble en dehors des repas en famille, 40% le font au moins une fois par an, 11% tous les jours.

Clay Routledge, professeur de psychologie à la North Dakota State University, a dressé une liste des résultats rapportés par la littérature scientifique. Ces résultats montrent que la prière améliore l’autocontrôle, aide à être patient, rend plus indulgent et apporte beaucoup d’avantages en matière de santé et de stress. « Les preuves de ces bénéfices ne cessent d’augmenter », affirme le chercheur, et « montrent que la prière peut être utile aux individus et à la société ».

Bien entendu, l’enquête scientifique n’entre pas dans le domaine de la théologie, des relations entre la personne et Dieu, mais se limite à examiner les conséquences qu’elle peut déterminer grâce à ses méthodes de recherche. Néanmoins, tout le monde comprend facilement que le temps utilisé par les familles pour prier ensemble est toujours du temps que l’on enlève à la télévision ou à son smartphone, pour le consacrer plutôt à resserrer des liens profonds et de qualité. Une des études a ainsi découvert que les enfants, dont les parents prient plus d’une fois par jour, vivent de meilleures relations avec eux, même sans être impliqués personnellement dans ces moments de prière. Une deuxième étude a relevé un lien positif entre une augmentation de la confiance réciproque et le temps que passe le couple à prier.

« Les effets de la prière ne sont pas une illusion »

Le médecin et biologiste français Alexis Carrell, prix Nobel de Médecine en 1912, a écrit en 1941 un bel ouvrage sur La Prière,dans lequel il dit :

« La prière ne doit pas être assimilée à la morphine. Car elle détermine, en même temps que le calme, une intégration des activités mentales, une sorte de floraison de la personnalité. … Elle soulève les hommes au-dessus de la stature mentale qui leur appartient de par leur hérédité et leur éducation. Ce contact avec Dieu les imprègne de paix. Et la paix rayonne d’eux. Et ils portent la paix partout où ils vont. Malheureusement, il n’y a à présent dans le monde qu’un nombre infime d’individus qui sachent prier de façon effective… Elle fortifie à la fois le sens du sacré et le sens moral. Les milieux où l’on prie se caractérisent par une certaine persistance du sentiment du devoir et de la responsabilité, par moins de jalousie et de méchanceté, par quelque bonté à l’égard des autres. … Quand la prière est habituelle et vraiment fervente, son influence devient très claire … On dirait que dans la profondeur de la conscience une flamme s’allume. »

Il en conclut : « En somme, tout se passe comme si Dieu écoutait l’homme et lui répondait. Les effets de la prière ne sont pas une illusion. Il ne faut pas réduire le sens du sacré à l’angoisse éprouvée par l’homme devant les dangers qui l’entourent et le mystère de l’univers. Ni faire simplement de la prière une potion calmante, un remède contre notre peur de la souffrance, de la maladie et de la mort… le sens du sacré paraît être une impulsion venue du plus profond de notre nature, une activité fondamentale… C’est par la prière que l’homme va à Dieu et que Dieu entre en lui » (A. Carrel, La prière, Plon).

La prière fait partie de l’homme

Et comment alors ne pas rappeler cette jolie réflexion de Benoît XVI : « Dans l’expérience de la prière, la créature humaine exprime toute la conscience de soi, tout ce qu’elle réussit à saisir de sa propre existence et, dans le même temps, elle se tourne entièrement vers l’Être face auquel elle se trouve, elle oriente son âme vers ce Mystère dont elle attend l’accomplissement des désirs les plus profonds et l’aide à surmonter l’indigence de sa propre vie. Dans le fait de regarder un autre, de se diriger “au-delà”se trouve l’essence de la prière, comme expérience d’une réalité qui dépasse ce qui est sensible et contingent ». (cf. catéchèse audience générale du 11 mai 2011).