Times2.info : Bon comme le développement n’est pas très différent de la mode (les tendances et les styles changent selon beaucoup de facteurs ou quelques acteurs), nous sommes maintenant en mode Objectifs pour le Développement Durable (ODD). Comme il s’agit, d’après le PNUD (grand fashionista du développement !) d’un appel mondial à agir pour éradiquer la pauvreté, protéger la Planète et faire en sorte que tous les êtres humains vivent dans la paix et la prospérité ; sincèrement l’heure est à l’altruisme. D’ailleurs le 17ième objectif prône l’entraide entre fashionistas du développement à travers un « Partenariat pour la réalisation des objectifs ». Dans cette perspective, même s’il est clair que les Etats, les bailleurs (faiseurs de bien ou de mal ?) et les organisations internationales (tellement bien organisées !) vont « tenter par tous les moyens » de mobiliser des fonds, il serait super généreux de la part de nos chers « Experts-Monde des ODD » (pour parodier ma série préférée les Experts Miami avec Horacio !) de faire eux aussi une contribution (et cette fois-ci en espèces mes chers, les articles et les présentations sont déjà pertinents, on sait).  Mais comment mes chers « Experts-Monde des ODD » peuvent jouer pleinement ce rôle dans la nouvelle série produite par nos fashionistas mondiaux du développement ?

Simple suggestion pour que la série « les Experts-Monde des ODD » puisse avoir un oscar bien mérité au moment de l’évaluation finale et ne pas avoir la même fin, presque tragique, que la série « les Experts-Monde des OMD ». Comme en tant qu’expert (avec de grandes idées de génie !), on aime les colloques, les ateliers, les séminaires, les forums, les rencontres diverses qui sont des scènes très appréciées, on peut bien utiliser ces occasions pour faire des collectes de fonds. Chaque Expert-Monde n’aura qu’à, au nom de son « altruisme » et de son « engagement pour la lutte contre la pauvreté » mais surtout par reconnaissance aux pauvres, grâce à qui, il a capitalisé une grande expertise (je m’expliquerai sur cette assertion dans les prochaines épisodes), prendre une partie de son per diem (frais de voyage en première classe et d’hébergement dans des hôtels 5  y compris) et verser cela dans les fonds de « Partenariat pour la réalisation des objectifs ». Cela peut sembler utopique pour certains, mais oh que ce serait cool ! On mettra une grande caisse (bien scellée s’il vous plait) dans la salle et chaque expert dès le premier jour de la rencontre viendra mettre quelque chose (le montant ne sera pas fixe, le niveau d’altruisme peut différer d’un expert à un autre, soyons open). Imaginons ou même rêvons quelques minutes que cela puisse se faire ! Combien de populations ces fonds vont-ils aider à améliorer leur bien-être ?

Si ce rêve devenait une réalité dans la série « les Experts-Monde des ODD », l’histoire du développement retiendra ce grand moment à jamais ! On parlera de ces experts comme des tirailleurs sénégalais qui ont donné leur sang pour sauver la France et ils seront même mieux traités que ces derniers. Surtout pour une guerre contre la pauvreté qui va durer encore 14 ans ! Seulement, ii y’a un risque, si les fashionistas mondiaux du développement se rendent compte que ce geste pourrait bien tirer d’affaire les pauvres, est-ce qu’ils ne vont pas réduire tout bonnement les per diem ??? Parce qu’aussi le développement nourrit ses hommes (producteurs comme réalisateurs) même s’il ne nourrit pas ses pauvres ! Cela peut sembler idéaliste mais la solidarité doit vraiment être une piste qu’on devrait explorer durant tout le long de notre nouvelle série. Il est impératif que le système évolue, que l’on arrête ce jeu de développement individuel pour parvenir à un développement plus harmonisé et qui profite à ceux qui en ont réellement besoin, ces personnes au nom de qui tout cet appareil a été monté pièce par pièce. Ces personnes pauvres qui, si elles n’existaient pas les Etats compteraient par millier leurs chômeurs. Répondons tous, sans exception, à cet appel ! « Atteindre les ODD impliquera que les gouvernements, le secteur privé, la société civile et les citoyens agissent de concert. C’est ainsi que nous léguerons un monde meilleur aux générations futures. » comme l’a si bien crié le PNUD.

Par Aïta Mbaye