Times24.info : Le président nigérien Mahamadou Issoufou se trouve depuis vendredi soir à Abuja, au Nigeria, où il prendra part samedi après-midi à un sommet régional de lutte contre le groupe terroriste Boko Haram, en présence de ses pairs du Nigeria Muhammadu Buhari, du Tchad Idriss Déby Itno, du Cameroun Paul Biya et du Bénin Patrice Talon, ainsi que le français, François Hollande. 

Le groupe militant nigérian avait fait allégeance à l’EI l’an dernier. Depuis cette sortie, il entretient des rapports étroits avec l’Organisation de l’état islamique affirme le Conseil de sécurité de l’Onu. Hier, le secrétaire d’Etat adjoint, Anthony Blinken, a affirmé à Abuja que Boko Haram envoyait des combattants en Libye. Le Conseil de sécurité a demandé au groupe extrémiste nigérian de s’abstenir de toute violence, de toute atteinte aux droits humains et de toute violation du droit international humanitaire dans la région du bassin du lac Tchad.

Au cours de la présente rencontre d’Abuja, les chefs d’Etat des cinq pays de la sous-région et le président français procéderont notamment à une évaluation des actions menées dans le combat contre la secte islamiste nigériane, selon de source proche du dossier.

Il y sera également élaboré un plan de développement post conflit en vue de protéger les personnes vulnérables et aider les victimes des exactions à guérir et retrouver leur vie normale.

Pour rappel, l’armée nigérienne est déjà engagée au Nigeria, depuis plusieurs mois, au sein d’une coalition avec d’autres forces notamment tchadiennes, camerounaises et nigérianes, dans la lutte contre le groupe terroriste Boko Haram. Cette intervention nigérienne a été surtout suscitée par une série d’attaques de la secte notamment des localités nigériennes de Bosso et Diffa (extrême-est, proches de la frontière du Nigeria), qui ont fait plusieurs dizaines de victimes civiles comme militaires.

François Hollande avait organisé en mai 2014, un mini sommet contre Boko haram à l’Elysée en France. Parmi les chefs d’Etat qui étaient présents à ce sommet, il y avait le Nigeria (Goodluck Jonathan), le Cameroun, le Niger, le Tchad et le Bénin (Boni Yayi), ainsi que des représentants des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne et de l’Union européenne.

Le groupe terroriste Boko Haram, qui sévit dans le nord du Nigeria depuis 2009 et dans le bassin du lac Tchad avec des incursions au Niger, au Tchad et au Cameroun, a fait plus de 20.000 morts et plus de 1,5 million de déplacés, a-t-on appris de source sécuritaire.

La région de Diffa qui est la plus affectée par les violences attribuées à Boko Haram, compte aujourd’hui plus de 150.000 réfugiés nigérians auxquels il faut ajouter près de 100.000 déplacés internes, selon les statistiques officielles.

Il est à souligner que le Niger et le Nigeria partagent une frontière commune de près de 1.500 km, avec de part et d’autre les populations parlant les même langues, le Haoussa, le Kanouri et le fulfuldé, notamment.

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