Valeurs de la culture africaine, les tresses traditionnelles sont aujourd’hui délaissées. Ceci est la conséquence de l’imitation que font les femmes africaines. Les tresses traditionnelles sont aujourd’hui en disparition.

Le constat est que 90% des femmes à Cotonou, à Bamako, à Niamey, à  Kinshasa, Abidjan, Cap Town et à Dakar ne font plus ces tresses- là au profit de celles dites modernes. Aféfé, doko, atin, afro, lionne et autres tresses porteuses de l’identité culturelle béninoise et africaine ne font plus l’unanimité chez les femmes et sont aujourd’hui abandonnées au profit d’autres coiffures fantaisistes. Pour Mme Armel, coiffeuse à Agontikon, «les femmes, surtout les jeunes filles ne viennent plus faire les tresses traditionnelles». Car, continue-t-elle, «elles préfèrent les tissages et autres que les tresses traditionnelles qu’elles qualifient d’anciennes». Adama Christelle, une jeune  étudiante, avoue ne pas faire les traditionnelles même si ces tresses «font partie de notre culture».

Et pour cause !

Plusieurs causes expliquent cet abandon. L’arrivée des mèches en est une. Adama Christelle justifie : «Elles donnent un nouvel aspect à la chevelure de la femme et de ce fait la rendent plus belle». Dame Armel confirme ces propos et ajoute que les tresses traditionnelles ne sont plus à la «mode». «Ce n’est plus la tendance, leur période est révolue» ajoute-t-elle. Kakpo Alain, un étudiant, trouve par contre que, «c’est parce que les femmes veulent imiter les blanches»  et qu’aussi, c’est à cause de la «mondialisation». A tout cela s’ajoute le fait que «nombre de coiffeuses ne savent plus faire ces tresses- là» souligne Adama Christelle.

Des risques pour le patrimoine culturel

Avec cette disparition, c’est le patrimoine culturel qui se voit privé d’une valeur d’identification de la culture africaine. Pour Kakpo Alain, «c’est un pan de notre culture qui est en train de se perdre. «C’est la perte de notre identité culturelle». Et ceci, affirme-t-il, rend déplorable cette disparition. Reconnaissant que délaisser les tresses traditionnelles a un impact négatif sur le patrimoine culturel, Adama Christelle confie, «c’est notre culture que nous laissons pour celle des autres», c’est «une sorte d’aliénation». Reste à savoir si les femmes reviendront un jour à ces tresses là.