Times24.info : La candidate du Front national a répondu pendant plus de deux heures à des contradicteurs (parfois inattendus), développant son programme et ses propositions. Retour sur les moments marquants de l’émission.

Invitée sur le plateau de «L’Emission politique» sur France 2 ce 9 février, Marine Le Pen effectuait son grand retour médiatique après une absence relative des plateaux de télévision depuis plusieurs mois. De la laïcité à l’Europe en passant par la Russie, elle a défendu son projet pendant près de deux heures. Au terme de l’émission, un sondage Harris Interactive estimait qu’environ 41% des Français ayant regardé l’émission l’avaient trouvé «convaincante» - soit le meilleur score parmi les candidats à la présidentielle déjà invités à participe à l’émission.

En guise d’ouverture, la candidate du Front national a tenu à expliquer que son soutien «de principe» aux policiers dans l’affaire du jeune Théo, dans l’attente des résultats de l’enquête, ne remettait pas pour autant en cause la souffrance de la victime. «C’est un jeune homme qui a été gravement blessé donc oui, nous avons de la compassion, mais l’accusation avant même le début de l’enquête m’apparaît un peu systématique», a-t-elle expliqué.

Élargissement de la laïcité à tous les lieux publics

Évoquant plus généralement la question des banlieues, Marine Le Pen a estimé que le problème de l’insécurité allait de pair avec celui du communautarisme. Elle a notamment été prise à partie par le maire communiste de Montreuil, Patrice Bessac, qui l’accusait de stigmatiser les minorités religieuses et de vouloir mettre en place «la police des kippas et des voiles». Elle a répondu en l’accusant de faire partie des maires «lâches» responsables, selon elle, du «communautarisme».

Invitée à préciser sa vision de la laïcité, elle a confirmé qu’elle souhaitait élargir l’interdiction du port de signes religieux ostentatoires à tout l’espace public. «Quand la loi est votée, tout le monde doit s’y soumettre. Le voile est un acte de soumission de la femme», a-t-elle martelé. La question de la croix catholique demeure, selon elle, secondaire. «Il n’y a pas de grosse croix», a-t-elle ironisé.

Réduction drastique de l’immigration et fin de la binationalité

Très attendue sur la question de l’immigration, Marine Le Pen a d’emblée annoncé : «Il est évident qu’il faut prendre les gens et les mettre sur nos propres bateaux et les ramener chez eux». Pointant du doigt l’exemple de l’Allemagne qui «a accueilli plus d’un million de migrants, non pas pour des raisons humanitaires mais économiques», elle a répété qu’elle mettrait tout en oeuvre pour ramener le solde migratoire à 10 000 entrées annuelles. Elle a également insisté sur le fait qu’il s’agissait d’une nécessité «avec 7 millions de chômeurs et 9 millions de pauvres», tout en se défendant de toute mauvaise intention : «Je ne suis pas un monstre», s’est-elle défendue.

«La naturalisation par mariage ne sera plus automatique, et nous renforcerons les critères pour obtenir la nationalité», a-t-elle également insisté. Affirmant qu’elle comptait de plus appliquer la suppression de la double-nationalité, Marine Le Pen a dû répondre à une question de Léa Salamé, qui lui demandait si une telle mesure s’appliquerait également «aux juifs français». «Israël n’est pas l’Europe», a rétorqué Marine Le Pen, qui a paru visiblement étonnée du rapprochement effectué par la journaliste entre les Français juifs et Israël.

«La Russie a sa place dans l’Europe des nations»

La politique étrangère était la grande absente de cette émission. L’une des uniques questions qui ont été posées à Marine Le Pen en la matière concernait la Russie et son appartenance éventuelle à l’Europe des nations qu’elle appelle de ses voeux. «Je veux l’Europe des nations et je pense que la Russie y a sa place», a affirmé Marine Le Pen, qui a insisté sur le fait qu’il ne s’agit pas pour elle de «réformer» l’Europe, mais d’en proposer un nouveau modèle.

Autre incursion à l’étranger au cours de l’émission : Marine Le Pen a plusieurs fois cité Donald Trump comme exemple d’une politique protectionniste faisant ses preuves. Elle a notamment dit s’inspirer du président des Etats-Unis pour mettre en place des sanctions contre les entreprises qui délocaliseront si elle est élue. «J’expliquerais à ces entreprises que si elles ne construisent pas en France, elle seront frappées d’un droit de douane de 25%», a-t-elle développé.