Times24.info: Dans nombre de cultures africaines, la virginité d’une femme est précieuse et la perdre peut lourdement affecter son avenir social. Les raisons qui justifient sa sacralisation dans certaines ethnies sont religieuses et sociales. Et en cas de perte de sa virginité, certaines filles ont recours à la chirurgie pour se refaire une virginité et sauver l’honneur de la famille.

La virginité reste toujours importante dans certaines ethnies d’Afrique. La virginité peut être définie comme l’état «pure» d’une chose ou d’une personne. Une jeune fille (ou un homme) est vierge quand celle-ci n’a jamais eu de rapport sexuel. La virginité a toujours existé dans certaines sociétés africaines, notamment en Afrique de l’Ouest, dans le Maghreb et même dans quelques pays du Proche et du Moyen-Orient.

Au Sénégal, au Togo, au Cameroun, en Guinée, au Niger, cette tradition continue d’être sacrée et valorisée par certaines ethnies conservatrices, en particulier les Hal Pular. Les deux principales religions, le christianisme et le musulman malgré certaines différences dans leurs modes de croyances, ont des pratiques plus ou moins similaires.

Du point de vue de la virginité par exemple, la chasteté est un point ou ces deux religions adoptent la même position. Elles condamnent la liberté sexuelle en dehors du mariage. L’homme, aussi bien que la femme doit s’abstenir des rapports sexuels  en dehors du mariage.

Dans le Coran, il est dit que si l’homme et la femme passent à l’acte avant le mariage, ils doivent être punis. La punition requise est de 100 coups de fouet sur une place publique. Mais s’ils s’aiment et qu’ils ne peuvent pas s’abstenir, ils doivent se marier.

Quant au christianisme, les Evangiles précisent que «le corps est considéré comme un temple de l’Esprit-Saint, divisé en trois parties : père, fils, Saint-Esprit et ce dernier c’est nous les hommes, on doit dire non à la souillure». Aussi bien que la religion musulmane, celle chrétienne interdit également les  contraceptions et l’utilisation des préservatifs.

Selon la tradition africaine, la virginité chez la femme était caractérisée par la présence de l’hymen. L’hymen est une membrane qui obture de façon incomplète l’entrée du vagin et qui rompt lors des premiers rapports sexuels ou indirectement lorsque cette membrane est soumise à des efforts mécaniques (sport, par exemple).

L’absence de l’hymen caractérisait la perte de virginité, mais cette conception s’est révélée non fiable parce que si on se base sur cette théorie, il est évident de comprendre qu’il y a des jeunes filles qui perdent leur virginité sans pour autant avoir des relations sexuelles et dans le même cas, certaines naissent sans hymen.

En Afrique, la virginité est rattachée à la notion d’honneur chez les Peulh (Al Pular). La défloration, dite aussi dépucelage caractérisant la première pénétration vaginale, est symbolisée dans cette ethnie comme un événement important dans la vie de la femme déflorée «déviergée», qui est entrée dans la vie conjugale.

C’est pourquoi, une femme ayant perdu sa virginité hyménale avant le mariage était condamnée, déshonorée, rejetée ainsi que sa famille parfois même répudiée. Aucun homme ne serait disposé à l’épouser.

Mais, de nos jours, le fait  d’avoir des relations intimes en dehors du mariage ne représente plus un danger pour certaines jeunes africaines, avec les nouvelles techniques médicales comme l’hymnoplastie (la chirurgie moderne qui permet de redevenir vierge). Il est fait état depuis quelques années de la possibilité au niveau de certaines structures médicales, de permettre aux jeunes filles de recouvrir une nouvelle virginité. Une façon de leur conférer un nouvel honneur au moment d’entrer dans la vie conjugale. Ce, après qu’elles ont bien passé leur jeunesse sur le plan sexuel notamment.

Un médecin spécialiste sénégalais interrogé par Times24.info nous informe que le coût pour retrouver une nouvelle virginité varie entre 40 000 et 400 000 F CFA au Sénégal. Cette opération est faisable deux semaines avant la nuit de noces, selon l’ouverture et la taille du vagin.

Mais pour les petites bourses qui ne peuvent payer les services d’un médecin spécialiste, la médecine traditionnelle est un moyen plus ou moins efficace qui permet de reproduire un hymen tout neuf. Et ainsi «sauver» les apparences dans une société où le mensonge prend une place de plus en plus importante.

Fatim Ndiaye (Times24.info)