Times24.info : Intégration de l’UE trop précipitée, antagonisme Paris-Berlin… Hubert Védrine, ministre français des Affaires étrangères de 1997 à 2002, parle d’actualité à une journaliste de RT. Découvrez une sélection de ses déclarations.

1. Intégration de l’UE : «Il faut une sorte de pause historique»

Il est l’heure de faire «une sorte de pause historique» dans le processus d’intégration européenne, estime Hubert Védrine. Les peuples européens préfèrent en général «garder leur identité et une certaine part de souveraineté» plutôt que de renforcer ce processus. Et Bruxelles (inopinément) fait le jeu des souverainistes – par exemple, en faisant des «recommandations sur les marchés en plein air et sur la forme des concombres».

2. Politique étrangère de l’UE : «Les traités de l’Union européenne ont été trop prétentieux»

L’Union européenne «n’a pas été fondée avec la perspective d’avoir une politique étrangère unique». De plus, les pays d’Europe «sont différents depuis des siècles, avec des histoires différentes, des mentalités différentes, des angoisses différentes…». En conséquence, «c’est impossible de dire : voila, on signe : « politique étrangère unie » – et tout le monde a la même mentalité le lendemain matin. Ça ne marche pas comme ça, c’est pas les Etats-Unis d’Amérique», affirme Hubert Védrine.

 3. Paris vs Berlin : «On a intérêt à avoir une Allemagne forte et une France qui redevient forte»

C’est précisément «la politique de Merkel qui a aggravé la situation» avec l’immigration en Europe, estime l’ancien ministre des Affaires étrangères. Mais l’Allemagne influence le continent non seulement dans ce domaine – en matière économique ce pays demeure le leader régional. Néanmoins, «le système allemand n’est pas aussi solide que ça» et, la France ayant procédé à des réformes, les rôles pourraient être inversés.

4. Politique indépendante des pays de l’UE : «Les européens ne peuvent pas prendre des positions différentes des Etats-Unis»

La politique étrangère française «peut être d’accord avec les Etats-Unis de temps en temps, mais qui doit être capable d’être en désaccord sur d’autres sujets» – ce qui n’est pas le cas de tous les pays de l’UE, chez qui cette dépendance est à regret beaucoup plus forte.