Times24.info : Après l’annonce de la réélection du président sortant Ali Bongo pour un deuxième septennat, les tensions dans la capitale gabonaise se sont accrues. Des centaines de gens descendent dans les rues pour dénoncer les résultats du scrutin. Des centaines de manifestants descendus dans les rues de la capitale, Libreville, ont été dispersés par des canons à eau. Le lendemain des annonces des résultats des élections présidentielles, Libreville ressemble à une ville en proie à la guerre civile avec barricades, bâtiments incendiées et voitures calcinées. La France a exprimé sa «vive préoccupation» face aux violences ayant éclaté dans la nuit au Gabon, estimant qu’il n’y avait «aucune place pour la violence» dans un cadre électoral. s’inquiéte

L’Assemblée nationale, qui a été incendiée le 31 août après l’annonce des résultats des élections, n’est plus que l’ombre d’elle-même, avec sa façade noircie et ses vitres brisées. L’imposant portail a été défoncé par les manifestants et la guérite des gardiens est partie en fumée. Sur le parking de l’Assemblée, il ne reste plus que des carcasses de véhicules incendiées.

Selon un nouveau bilan, un millier de personnes ont été interpellées dans tout le pays depuis l’annonce des scrutins. Le ministre de l’Intérieur gabonais prétend que les manifestants auraient utilisé des fusils d’assaut AK-47.

Ali Bongo a déclaré aux opposants: «la démocratie s’accommode mal de la prise d’assaut d’un parlement».

Le bureau du président gabonais a accusé les soutiens de Jean Ping d’avoir planifié «des attaques coordonnées sur les symboles de l’Etat».

François Hollande a fait part de sa «profonde inquiétude et de sa grande préoccupation» après les violentes manifestations qui ont suivi le résultat des élections présidentielles au Gabon.

«Le président appelle toutes les parties à la retenue et à l’apaisement, ce qui suppose un processus garantissant la transparence sur les résultats du scrutin», lit-on dans un communiqué de l’Elysée.

Le commandant de la police nationale gabonaise, Jean-Thierry Oye Zue, a annoncé que plus de 200 pillards avaient été arrêtés à Libreville.

«Nous avons arrêté plus de 200 pillards depuis hier soir. Ils sont dans les locaux de la police judiciaire mais aussi dans les commissariats de la ville. Les pillages continuent maintenant dans les quartiers populaires», a-t-il précisé. 

Des manifestations hostiles à Ali Bongo se déroulent dans au moins neuf quartiers de Libreville. De fortes explosions et des fusillades ont été entendues dans un quartier de Nkembo à Libreville pendant toute la matinée.

La chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini a qualifié jeudi la situation post-électorale au Gabon de «crise profonde» et a appelé les différentes parties «au calme».

«Il est important que tous les acteurs rejettent la violence et appellent au calme. Toute contestation doit se faire avec des moyens pacifiques afin d’éviter l’embrasement du pays», a déclaré la vice-présidente de l’UE dans un communiqué.

Le chef de la diplomatie française Jean-Marc Ayrault a demandé au gouvernement gabonais de mener une procédure transparente pour lever tout «doute» sur l’exactitude du scrutin.

«Avec l’Union européenne, la France appelle à la publication des résultats, bureau par bureau. C’est de cette manière que les Gabonais pourront avoir confiance dans les résultats et qu’il n’y aura aucun doute sur le respect de leur choix. Aussi, la France ne peut que réprouver avec fermeté tout recours à la violence et appeler chacun à la plus grande retenue», a-t-il déclaré en marge de la conférence des ambassadeurs français, réunis à Paris.