Times24.info : Dans un entretien qu’elle a accordé à Times24.info à Aachen (Aix la Chapelle) en Allemagne, Annette Funke, une des responsables d’Afrique de Kindermissionswerk, « Die Sternsinger », est revenue sur les actions de l’œuvre pontificale de l’enfance missionnaire dans son pays, qui accompagne financièrement l’église catholique et des enseignements scolaires pour le bien-être des enfants dans le continent africain et ailleurs. Entretien 

Parlez-nous de la présence de Kindermissionswerk en Afrique ?

Notre organisation n’est pas présente en tant que telle en Afrique. Nous sommes une organisation allemande qui travaille en coopération avec des partenaires en Afrique. Nous n’agissons pas sur le terrain, nous n’exécutons pas des projets, mais nous finançons des projets, en appuyant des partenaires qui travaillent dans ce continent, plus particulièrement l’église catholique, les diocèses, les évêques, les congrégations et certaines ONG.

Cette relation de partenariats a comme objectif d’aider des enfants vulnérables, en détresse dans le monde entier. L’Afrique présente un point focal dans notre action car, il y a encore beaucoup d’enfants en Afrique qui souffrent ou ne sont pas dans des très bonnes conditions.

Depuis combien d’année Kindermissionswerk s’active en Afrique ?

Notre œuvre a plus de 170 ans. Depuis le début de notre mission, nous avons eu nos premiers contacts en Chine et en Afrique. Alors, nous nous activons depuis fort longtemps.

Quels sont les pays africains que vous soutenez ?

Nous travaillons pratiquement avec tous les pays africains. Il y a certains pays où on a moins de partenaires et très peu de projets. Par exemple, le Maghreb, nous avons de petit lien…

Pour ce qui est de l’Afrique subsaharienne, nous travaillons vraiment avec tous les pays.

D’où proviennent vos fonds ?

Nos donations sont des fonts divers. Une grande partie (environ deux tiers), provienne de l’action des chanteurs à l’étoile qui veut dire en allemand : « Die Sternsinger ».

« Der Sternsinger » Foto: Ralf Adloff / Kindermissionswerk

Les chanteurs à l’étoile se sont des enfants des paroisses en Allemagne qui après chaque noël, s’engagent  dans cette action.

L’action se réfère à l’histoire biblique des rois mages qui rendaient visite à Jésus, le nouveau-né dans sa crèche et lui offraient des cadeaux. Cette histoire, l’église allemande l’a prise en exemple et les enfants des paroisses se déguisent en rois et reines, se répartissent en groupe de trois à quatre chanteurs à l’étoile, portant une grande étoile à la main parce que, les rois mages suivaient l’étoile qui les guidait pour trouver Jésus dans sa crèche. Après la messe d’envoi dans une paroisse, ils sont envoyés dans toutes les maisons de la ville ou du village. Ils tapent sur les portent d’entrée des maisons, en chantant ou en annoncant : « Jésus vient de naître. Il a apporté la paix. Jésus nous a donné la paix et la bénédiction. » Ils écrivent ensuite sur les portes d’entrée des maisons, avec de la craie (bénie pendant la Messe) une bénédiction en latin : « 20*C+M+B+16 » (Jésus bénit cette maison). Alors, ils bénissent les maisons et les gens qui y habitent, durant la nouvelle année.

Un geste vraiment très profond ! Les gens sont très très touchés que les enfants viennent devant leurs portes, pour bénir la maison. En ces moments, les enfants collectent aussi de l’argent. Une collecte qui est servie aux enfants en détresse dans le monde entier. Nous précisons que le montant collecté est versé aux paroisses, ensuite à l’œuvre pontificale de l’enfance missionnaire (Kindermissionswerk) qui gère ces fonds en appuyant des projets d’enfance en Afrique et d’autres continents. Une forme de solidarité d’enfants allemands vers d’autres enfants du monde.

Notre travail consiste également à sensibiliser les enfants allemands sur les conditions, les situations, les difficultés que vivent d’autres enfants. Qu’ils soient conscients de tout cela. Comme les rois mages venaient de différents pays, c’est une forme de solidarité entre différentes nations.

Notre action est très connue en Allemagne, la chancelière, les ministres, le président etc., reçoivent en début de chaque d’année, la visite des (chanteurs à l’étoile) « Die Sternsinger ».

« Der Sternsinger » accompagnés par Angela Merkel – Foto: Ralf Adloff / Kindermissionswerk

Vous avez parlé d’une forme de solidarité entre enfants. Est-ce réellement une forme de solidarité aux enfants du monde ? Les enfants musulmans sont-ils pris en compte dans vos projets ?

C’est une très bonne question ! Nous ne soutenons pas que les églises ou les catholiques mais tout dépend des pays, des conditions et des situations. Ceci dit, ça peut varier d’un pays à un autre.

Si nous prenons l’exemple du Sénégal, un pays qui est majoritairement musulman, même dans les écoles catholiques, une grande partie ou une majorité des enfants sont des musulmans. Si nous appuyons une école ou plusieurs écoles, ça veut dire que cet appui est partagé.

Ceux ne sont pas uniquement les élèves chrétiens ou catholiques qui reçoivent notre aide. C’est vraiment partagé !

Peut-être nous pouvons préciser que, les partenaires avec qui nous travaillons, c’est prioritairement les églises. Les évêques, les diocèses exécutent les projets.

Dans notre mission, nous demandons toujours une recommandation épiscopale. Donc, travailler uniquement avec une école coranique, ce sera bien difficile. Mais si c’est un réseau, où sont impliquées plusieurs écoles et que l’église catholique a comme cible, de toucher aussi les enfants musulmans, c’est toujours partagé. Alors, ce n’est pas uniquement pour les chrétiens.

Dans quelle zone d’Afrique vous vous activez plus ?

Depuis un certain temps, il y a eu des changements. Ça évolue avec le temps !

Il y avait un temps, nous avons soutenu beaucoup de projets en Afrique de l’Est. Nous pouvons citer : Kenya, Tanzanie, Ouganda ou l’Afrique du Sud. Ces pays sont déjà plus en avances, sur d’autres pays d’Afrique, plus particulièrement le Sahel ou autres.

Nous essayons maintenant d’équilibrer un peu plus les appuis vers d’autres pays qui ont plus de difficultés. Par exemple, les pays en guerre dont-on note beaucoup d’enfants réfugiés. Tout dépend de l’actualité et de nos contacts… !

Vous savez qu’on parle allemand dans notre pays et un peu l’anglais pas trop le français. Ainsi, les allemands sont souvent plus orientés vers les pays anglophones comme le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda. Nous y avons plusieurs contacts. Des missionnaires et des volontaires s’y rendaient très souvent dans ces pays. C’est ce qui fait qu’il avait plus de liens, plus de contacts et plus de projets dans ces pays.

Une limitation de financements de projets ?

Bien sûr, nous recevons de l’ action des chanteurs à l’étoile un montant d’environ 40 à 41 millions d’euros par an, sans compter d’autres donations… Avec ces fonds, nous finançons les projets. Si les demandes dépassent ce montant, nous sommes limités dans nos financements de projets.

Sur les demandes de projets que nous recevons, il y a une partie, peut-être même une grande partie qui reçoit des réponses négatives. Cette décision, c’est le travail du comité d’octroi de financement qui est constitué de plusieurs représentants de l’église allemande. Nous essayons toujours de faire un bon choix et de privilégier les priorités définies localement selon les besoins.

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