Times24;info : Le groupe Etat islamique en Afrique de l’Ouest, plus connu sous le nom de Boko Haram « s’apprête à installer un  camp d’entrainement de jihadistes en Mauritanie, dans la zone proche de la frontière avec le Sénégal ».

L’information a été révélée au journal en ligne mauritanien Alakhbar, par Ely Ould Mohamed Vall, l’ancien président de la transition mauritanienne de 2005-2006. Et si l’on sait que l’homme a été Directeur générale de la Sûreté nationale mauritanienne pendant 18 ans ans, son information est à prendre avec beaucoup de sérieux. Surtout que ces derniers mois plusieurs réseaux avérés ou présumés de terroristes impliquants des Sénégalais, ont été démantelés en Mauritanie. L’ancien président a rappelé même au journal, que  » la Mauritanie a extradé au Sénégal un membre de Boko Haram ».

Confirmant la présence de Djihadistes en Mauritanie, Ould Vall soutient que les terroristes qui ont attaqué le camp de l’armée malienne à Nampala prés de la frontière avec la Mauritanie « opérent près de la frontière (mauritanienne) et ils entretiennent des relations au-delà de cette frontalière ».

Poursuivant, il affirme : « C’est encore plus grave à l’intérieur. (…). Les citoyens ordinaires ont ressenti la présence de ces groupes radicaux. Ils en parlent aussi ouvertement ». Citant des signes visibles, l’ancien policier en chef de la Mauritanie note la  profanation de tombes. « Cela porte l’empreinte de groupes appartenant aux organisations radicales comme Daech et AQMI. (…). Les groupes radicaux ne profanent de mausolées que dans leurs zones d’occupation comme ce qui s’est passé en Afghanistan et au nord du Mali« .

Soupçon d’un « accord de paix » entre la Mauritanie et Aqmi

Au mois de mars dernier, la presse internationale faisait état d’un accord de paix datant de 2010 entre lAl-Qaïda et le gouvernement mauritanien, selon des documents saisis par les forces spéciales américaines (US Navy Seals), lors de l’attaque de la cachette pakistanaise d’Oussama Ben Laden en 2011, et consulté par Reuters. Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), promettait « de ne procéder à aucune activité militaire en Mauritanie », pour un an renouvelable. En contrepartie, les autorités mauritaniennes devaient : libérer tous les prisonniers d’Al-Qaïda, s’engager à ne pas attaquer AQMI et payer entre 10 et 20 millions d’euros par an pour « empêcher l’enlèvement de touristes ».

Mais, El Houssein Ould Nagi, conseiller juridique du président de la Mauritanie, avait nié en bloc. « Nous avons toujours été contre le paiement des rançons et le financement indirect du terrorisme. Par conséquent, il n’y a jamais eu un accord secret entre nous et ces gens », affirmait-il.

Quoi qu’il en soit, le constat est que la Mauritanie, contrairement à ses voisins (Mali, lAlgérie), est quasiment épargnée par les attaques d’AQMI, en particulier depuis 2011. En outre, des prisonniers djihadistes, comme un ancien porte-parole d’Ansar Dine, ont été libérés contre toute attente et d’autres se sont évadés de prisons dans des conditions douteuses.

Jotay.net