Times24.info: Alors que le supsect principal de l’attentat de Berlin court toujours, des éléments de plus en plus nombreux viennent compléter son portrait et son parcours. Une chose est sûre, l’homme était loin d’être un inconnu aux yeux des autorités.

Visage épais et barbe, selon une photo diffusée par le parquet antiterroriste, le terroriste Anis Amri, 1,78 m pour 75 kilos, est considéré comme «dangereux» et peut-être armé, selon les autorités allemandes.

Toujours dans la nature depuis l’attaque sur un marché de Noël de Berlin qui a fait douze morts le 19 décembre au soir, Amri est loin d’être un inconnu par les services de police allemands.

Criminel, radicalisé et connu depuis longtemps des autorités

Son parcours n’est pas celui d’un réfugié lambda qui aurait quitté son pays (en l’occurrence la Tunisie) pour trouver une vie meilleure en Europe. L’acculumation des informations de l’enquête montrent qu’Anis Amri avait déjà un passé largement criminel et qu’il n’est pas entré en Europe dans l’unique but de s’y installer.

D’après son père, interrogé par la radio tunisienne Mosaique FM, Amri a quitté la Tunisie il y a sept ans et a purgé une peine de quatre ans de prison en Italie pour l’incendie d’une école. Dans son pays, il avait également écopé de cinq ans de prison pour vol qualifié.

En juillet 2015, Anis Amri est donc entré en Allemagne en provenance d’Italie, selon le compte rendu des autorités allemandes le 21 décembre.

Peu de temps après être arrivé sur le sol allemand, en juillet 2015, il a été arrêté (en août) dans la ville de Friedrichshafen, dans le sud du pays, avec un faux document d’identité italien et relâché presque aussitôt, selon les responsables de l’enquête.

En avril 2016, il a demandé l’asile dans la région de Rhénanie du Nord-Westphalie, où il a résidé durant un certain temps, d’après Ralf Jäger, le ministre de l’Intérieur de cette région fédérale.

Lorsqu’il a déménagé à Berlin, les autorités ont continué à le surveiller. Depuis mars 2016, il était ainsi visé par une enquête confiée au parquet de Berlin pour «préparation d’un acte criminel grave représentant un danger pour l’Etat» et soupçonné de préparer un braquage pour acheter des «armes automatiques et probablement ensuite, avec l’aide de complices qu’il voulait trouver, de commettre un attentat».

Selon un fonctionnaire allemand des services de renseignement sous couvert d’anonymat, Anis Amri avait aussi attiré l’attention des autorités allemandes pour ses liens entretenus avec le prédicateur salafiste Abu Walaa, connu comme «l’homme sans visage», pour son habitude à prêcher dos à la caméra.

Ce dernier a été arrêté le 8 novembre 2016, accusé de recruter des terroristes et de soutenir ouvertement l’Etat islamique.

Malgré les filatures de la police, les investigations n’ont pas «pu confirmer les soupçons initiaux» qui pesaient sur Anis Amri. L’affaire a donc été classée, faute d’éléments suffisants et la surveillance a cessé en septembre.

Bien que clairement connu des autorités allemandes, Anis Amri a utilisé plusieurs alias, ainsi que des faux papiers.

Il était par ailleurs surveillé par les autorités en attendant sa procédure d’expulsion. Celle-ci a été décidée après que l’homme a été arrêté en possession de faux documents d’identité. Il a cependant été libéré, bien que considéré comme étant potentiellement dangereux par les autorités.

L’homme s’est ensuite déplacé à de nombreuses reprises dans le pays pour brouiller les pistes.

Une fois l’identité du terroriste révélée, les médias se sont évidemment intéressés à son entourage familial. Il apparaît ainsi que les parents de Anis Amri, qui ont été interrogés par la brigade antiterroriste tunisienne, sont installés à Oueslatia, une bourgade du centre du pays à 60 kilomètres de Kairouan. Quatrième ville sainte de l’Islam, elle a été à ce titre un des bastions des salafistes tunisiens après la révolution.

Surpris et choqués, les proches d’Amri étaient loin de se douter de son parcours.

«Quand j’ai vu la photo de mon frère dans les médias, je n’en ai pas cru mes yeux. Je suis sous le choc et je ne peux croire que c’est lui qui a commis l’attentat de Berlin», a dit à l’AFP Abdelkader Amri, frère du suspect.

«On a jamais eu l’impression qu’il avait quelque chose d’anormal. Il nous contactait via Facebook et il était toujours souriant et joyeux !», a affirmé de son côté sa sœur Najoua à l’AFP.

Il entretenait des liens avec Daesh

Amri n’était pas connu que par la police allemande. Les Etats-Unis aussi l’avaient dans le collimateur, après que les autorités ont découvert qu’il avait mené des recherches sur internet pour savoir comment fabriquer un engin explosif artisanal.

Selon des responsables américains cités par le New York Times et sous couvert d’anonymat, Anis Amri avait également communiqué avec l’Etat islamique «au moins une fois», via l’application Telegram Messenger et était par ailleurs inscrit sur la liste noire des aéroports américains.

RT